Les planificateurs gèrent bien la crise - Les planificateurs gèrent bien la crise

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Les planificateurs gèrent bien la crise

Un sondage mené auprès des membres usic sur les répercussions de la crise du coronavirus montre que les planificateurs sont durement touchés. Nombre d’entre eux ont enregistré des retards dans les délais ou des mises à l’arrêt de projets, déposé des demandes de chômage partiel, voire sollicité des crédits de transition. Ces moments difficiles laissent toutefois quelque place à l’optimisme.

La crise du coronavirus touche de plein fouet les membres usic également. Les deux enquêtes menées entre les 2 et 24 avril font état de projets stoppés ou retardés, de demandes de chômage partiel et de crédits de transition, mais aussi de nouveaux mandats. Dans l’ensemble, chacune des enquêtes aura rassemblé près de la moitié de l’effectif des membres, ce qui constitue un résultat record. L’association obtient par ailleurs de bonnes notes de la part de ses membres en matière de gestion de crise.

 

 

Les projets de planification durement touchés

Les membres étaient invités à évaluer leur situation aux dates de référence des 1er et 20 avril. Les répercussions de la crise se sont particulièrement fait sentir au niveau des projets. Ainsi, 70 % des participants à l’enquête ont mentionné des mises à l’arrêt pour au moins 20 % de leurs projets, une proportion qui atteint même 90 % pour ce qui est des retards. Les valeurs sont restées constantes entre les deux vagues d’enquête. Dans 53 à 62 % des cas, 20 % des projets au maximum ont subi des mises à l’arrêt ou des retards, contre plus de 80 % dans 1 à 4 % des cas.

 

Graphique 1: Répercussions de la crise du coronavirus sur les entreprises de planification

 

 

Chômage partiel demandé à titre de précaution

Au total, un tiers des personnes interrogées environ ont fait une demande de chômage partiel, avec une légère augmentation de 31 à 33 % entre la première et la seconde enquête. Aux deux dates de référence, la part de masse salariale en chômage partiel était de quelque 20 % pour 14 resp. 22 % des cas, et de plus de 60 % pour 11 resp. 8 % des cas. L’analyse de corrélation du tableau 1 renseigne sur les possibles causes. Ainsi, une évaluation pessimiste de la situation future en ce qui concerne le chômage partiel, et le recours à l’emprunt semblent influer positivement sur la décision de demander effectivement le chômage partiel, ce qui porte à croire qu’une telle demande est souvent déposée à titre de précaution. Parallèlement se profilent également des causes liées à la localisation et à la structure de l’entreprise. En Suisse latine, la probabilité de demander le chômage partiel est de 27 resp. 37 % plus élevée qu’en Suisse alémanique. En outre, plus l’entreprise est importante, plus elle sera encline à introduire le chômage partiel: par comparaison avec des entreprises comptant moins de dix collaborateurs, cette probabilité augmente de façon continue avec la taille de l’entreprise, à savoir de 17 à 48 %.

 

 

Graphique 2: Recours à des crédits de transition

 

 

Un bureau de planification sur dix dépourvu de réserves de capital suffisantes

Avec 10 resp. 12 %, un nombre relativement élevé de membres usic ont déjà sollicité des crédits de transition. Si les chiffres étonnent, ils soulignent néanmoins le fait qu’un bureau sur dix dispose de réserves de capital trop restreintes pour pouvoir maintenir son activité au moins un mois sans aide financière. L’analyse de corrélation laisse supposer que ce manque de liquidités est imputable à des interruptions de projets, à des retards dans les projets et à l’introduction du chômage partiel, autrement dit, globalement à des raisons d’ordre économique. La seconde vague d’enquête montre que les petites et moyennes entreprises sont plus fortement touchées. Les entreprises employant plus de 250 collaborateurs affichent par conséquent une probabilité moindre (-12 %) d’avoir recours à l’emprunt.

 

 

Graphique 3: Répercussions de la crise attendues pour les quatre prochaines semaines

 

 

Nouveaux projets occasionnés par la crise

Fait réjouissant, la crise a apparemment donné lieu à de nouveaux projets. Quelque 16 % des personnes sondées ont déclaré s’être vu confier de nouveaux mandats liés à la crise du coronavirus, portant notamment sur l’élaboration de concepts de respect des mesures de protection de l’hygiène, sur des travaux d’assainissement avancés en raison de fermetures ou sur des planifications dans les domaines électrique et énergétique.

 

 

Graphique 4: Part de nouveaux projets occasionnés par la crise

 

 

Optimisme modéré en période difficile

L’une des questions du sondage portait sur les prévisions des participants quant aux quatre semaines à venir, vues sous la loupe des critères évoqués ci-dessus. Les réponses ont permis d’établir un baromètre d’opinion conjoncturel parmi les membres usic. Les résultats sont très similaires pour les deux vagues d’enquête et, en termes d’intensité, correspondent fondamentalement à la donne actuelle. Aussi l’impact le plus fort de la crise est-il attendu au niveau des projets, l’impact le plus faible au niveau des demandes de crédits. Les perspectives sont modérément optimistes. D’une vague d’enquête à l’autre, la part des prévisions élevées à très élevées n’a cessé de diminuer, passant de 30 à 7 % pour les mises à l’arrêt de projets, de 57 à 30 % pour les retards dans les délais, de 29 à 13 % pour le chômage partiel et de 14 à 4 % pour le recours à des crédits. Inversement, la part des prévisions concernant des répercussions futures très mineures a continué de croître de façon continue.

 

Tableau 1: Analyse de régression relative aux causes du chômage partiel et des crédits de transition

 

En résumé, les planificateurs sont très durement touchés par la crise, notamment par des facteurs extérieurs influençant des projets en cours. Selon leur situation économique, leur taille et leur région d’implantation, les entreprises sont plus ou moins sévèrement touchées et contraintes de faire appel au chômage partiel et aux crédits de transition. La plupart d’entre elles semblent néanmoins s’être remises du premier choc de la crise et envisagent l’avenir certes avec réalisme, mais optimisme également. De nouveaux projets prouvent que la crise est susceptible de créer des opportunités ou que, pour reprendre les mots d’un participant à l’enquête, «la vie et l’économie continuent».

 

 

Graphiques/Tableau:

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03_3_Corona_Umfrage_un2_2020.docx

Verfasst von: Laurens Abu-Talib laurens.abu-talib@usic.ch