La confiance aide – justement en ces temps incertains (de pandémie) - La confiance aide – justement en ces temps incertains (de pandémie)

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null La confiance aide – justement en ces temps incertains (de pandémie)

La confiance aide – justement en ces temps incertains (de pandémie)

Récemment, j’ai participé à une séance au cours de laquelle il a notamment été question des expériences vécues durant le confinement. Au début de la discussion, quand il s’est agi d’informatique, de sécurité, de nouvelles technologies et de prescriptions de l’OFSP, l’évidence ne s’est pas fait attendre: presque tout le monde cuisine à l’eau et, le plus souvent encore, opte pour des menus très semblables. Or lorsque la conversation en est venue à la dirigeance, les opinions n’étaient subitement plus aussi similaires voire identiques. Et après que sont tombés ces mots «Le télétravail était nécessaire et nous n’étions pas certains qu’il fonctionnerait, mais (!) la confiance envers les collaborateurs a porté ses fruits», la seconde partie de la phrase a longtemps résonné dans mon esprit. Elle m’a irrité, mais également incité à réfléchir sur mon rapport à la confiance.

 

La confiance est et demeure le fondement de la cohésion sociale. Le sociologue Georg Simmel définit la confiance comme l’état entre le savoir et le non-savoir. Ou, formulé de façon plus lapidaire: la confiance commence par le non-savoir. Le champ de l’ignorance est, en chacun de nous, plus vaste que celui de la connaissance. Aussi, si nous ne voulons pas rester prostrés dans un état de sidération, n’avons-nous pas d’autre choix que de faire confiance. Avec ce côté fort utile: la confiance remplace souvent la confrontation avec toutes les options imaginables. Je place en d’autres mains le soin de la décision. Le rôle du guide de montagne l’illustre très clairement. Accorder sa confiance n’est pas un acte unilatéral, mais une négociation réciproque. Il s’agit toujours d’un échange – donner et recevoir – inséparablement lié à la fiabilité et à l’engagement.

 

Un séminaire sur deux nous enseigne que le développement de relations basées sur la confiance nous permettra de nous repérer plus rapidement dans le monde VUCA*. Avec le coronavirus, le monde VUCA, jusqu’ici difficilement saisissable, est soudainement devenu une réalité pour tous. Chacun sait que nous sommes plus promptement enclins à faire confiance lorsque nous sommes étroitement dépendants les uns des autres et sous pression, faute de temps pour de longs et coûteux processus de renforcement de la confiance. Cette propension nous a aidés au fort de la crise. Mais dans quelle mesure la confiance engendrée par la contrainte extérieure ou l’impossibilité de contrôler est-elle stable et honnête?

 

Nous nous dirigeons lentement mais sûrement vers un monde de travail hybride. La collaboration sur place avec les collègues et le télétravail à domicile se complètent judicieusement. Quels enseignements faut-il tirer de la crise du coronavirus pour cet avenir hybride? Au vu de l’incertitude et de l’insécurité croissantes, nous serions bien inspirés d’agir avec davantage de confiance encore. Nous sommes réticents face aux normes, aux prescriptions détaillées et autres obligations, qui sont autant d’entraves au déploiement de la créativité, de l’innovation et de la flexibilité. Mais le plus beau dans tout cela: lorsque la confiance règne, il n’est plus guère besoin de contrôle.

 

Je nous souhaite à tous plus de confiance en la confiance ainsi qu’une excellente nouvelle année.

 

*Vuca

L’acronyme VUCA – pour volatility, uncertainty, complexity, ambiguity – sert à décrire un monde devenu multilatéral: volatil, incertain, complexe et ambigu.

 

Verfasst von: Benno Singer benno.singer@ewp.ch