BIM@CFF

mercredi 22 septembre 2021

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mercredi 15 septembre 2021

Änderung Geoinformationsgesetz - Zurück an den Absender

Mit einer Anpassung im Geoinformationsgesetz will der Bundesrat die Verfügbarkeit geologischer Daten verbessern. Dies...

lundi 14 juin 2021

CO2-Gesetz - Wie weiter nach der Niederlage?

Das Nein zum CO2-Gesetz gleicht einem politischen Erdbeben. Einzige Gewinnerin ist die Erdölbranche. Gibt der Bund nicht Gegensteuer, droht eine Umkehr der bisherigen...

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BIM@CFF

Les CFF ont expérimenté le Building Information Modeling (BIM) dans plusieurs projets pilotes. Quels en ont été les enseignements? En quoi les défis diffèrent-ils entre le secteur du bâtiment et celui des infrastructures?

David Fäh: Les CFF testent actuellement trois projets dans le secteur du bâtiment et vingt-cinq dans celui des infrastructures. Nous attachons une importance particulière aux phases de planification et de construction ainsi qu’à l’application de la méthode à des installations aussi diverses que possible. Les projets relèvent ainsi du domaine des tunnels, ponts, voies ferrées, gares et centrales électriques.

Si les différents composants du BIM intéressent clairement le secteur du bâtiment depuis un certain temps déjà, ils demeurent en revanche pour le secteur des infrastructures – notamment les chemins de fer – un territoire en partie inexploré. Les objets standards et les bibliothèques d’éléments de construction ne sont pas encore disponibles, et la gestion des tracés révèle rapidement ses limites.

Reste le principe même du BIM: s’interroger, au début du projet, sur ce que l’on souhaite exactement atteindre avec le BIM, sur la nature des données à commander et la façon dont on souhaite réutiliser celles-ci dans le cycle de vie. Pour répondre à ces questions, nous avons mis sur pied une formation de trois jours, laquelle se concentre sur les principes, les cas et les données d’utilisation à suivre dans le projet.

 

Quelle influence le BIM a-t-il sur le mode de lancement des appels d’offres (critères de sélection, critères d’adjudication, évaluation)?

David Fäh: Nos appels d’offres BIM ciblent principalement la fourniture de données. Autrement dit, nous demandons que soient livrées certaines données, dans un format défini, à un moment précis­­ – ce qui est actuellement déjà le cas pour les projets «classiques», mais se déroule désormais à un autre niveau de maturité numérique. Ces données disponibles permettent de vérifier plus facilement des postes tels que quantités, matériaux, surfaces, respect des dispositions légales, etc., et d’améliorer au final la qualité de la planification et de la réalisation.

 

Les CFF affirment que le BIM permet d’économiser quelque 750 tonnes de CO2. Pouvez-vous illustrer, par un exemple tiré des expériences faites à ce jour, la manière dont le BIM a réduit la consommation de CO2?

David Fäh: Ce ne sont pour l’instant que des extrapolations. Nous partons toutefois du principe qu’une planification précise permet, par exemple, d’organiser les chantiers avec davantage d’efficience, d’utiliser les matériaux dans la quantité requise et, enfin, de raccourcir les trajets lors de l’exploitation. Partant, plus aucun matériau excédentaire ou inutile n’est fourni ni produit. Or les économies réalisées lors des phases de construction et d’exploitation résultent de simulations menées dans le cadre de la planification. L’économie circulaire a elle aussi un rôle crucial à jouer: le BIM permet le traçage des matériaux de construction engagés, ainsi que le recyclage et la réutilisation ultérieurs de ceux-ci lors du démantèlement.

 

Depuis cette année, les CFF travaillent exclusivement avec le BIM dans le secteur Immobilier. Comment la branche avait-t-elle alors accueilli cette annonce? Quelles sont les différences avec les projets pilotes?

David Fäh: La branche était déjà active sur ce point, elle a elle-même apporté nombre de propositions importantes et lancé des initiatives. En notre qualité de maître d’ouvrage, nous savons quelles données nous commandons. Les projets pilotes ont servi de creuset d’apprentissage mutuel, il s’agit maintenant d’appliquer concrètement les connaissances acquises en commun. Nous continuerons d’apprendre et d’intégrer ce savoir aux documents, processus et rôles.

 

Dès 2025, le BIM devrait être étendu à l’ensemble du secteur Infrastructure également. La branche est-elle prête? Des projets concrets avec le BIM sont-ils d’ores et déjà planifiés?

Adrian Wildenauer: Dans ce but, nous avons mené fin 2020 avec la SIA et la FAS une enquête afin de mieux appréhender la situation dans la branche, ainsi que les impératifs et besoins dans l’atteinte de l’objectif 2025 des CFF. Une grande majorité des 785 personnes interrogées s’accordent à penser que les plus-values du BIM et la gestion concomitante de l’information peuvent être mises en œuvre d’ici à 2025. Cette année, c’est-à-dire en 2021, les CFF réfléchiront plus précisément aux projets qui, dès 2025, feront l’objet d’appels d’offres basés sur le BIM, et sous quelle forme. Il y aura certainement une limite imposée par la taille des projets, limite qui justifie l’effort pour le bénéfice.

 

Les CFF veulent, moyennant un plan en six points, imprimer au BIM une impulsion significative. En quoi consiste ce plan?

Adrian Wildenauer: Le plan en six points est l’aboutissement de nombreuses discussions avec diverses associations et organisations. Il est apparu au cours de ces précieux échanges que nous abordions toujours les mêmes six thématiques. Quelle vision commune la branche entend-elle partager, quelle feuille de route définir à cette fin? Quelle sera notre langue à l’avenir, quels termes voulons-nous employer? Comment voulons-nous élaborer les futures structures de données, comment allons-nous les modéliser? Quels processus de commande – aussi uniformes que possible entre tous les maîtres d’ouvrage – allons-nous mettre en place? Nous avons résumé, regroupé ces divers aspects et nous concentrons maintenant sur la mise en œuvre des six points avec la branche et les acteurs importants du marché. Il ne s’agit pas en l’occurrence de nivellement, mais d’uniformisation de principes de base pour en assurer la mise en œuvre cohérente par toutes les parties.

 

Neutralité des produits et des méthodes: comment les CFF gèrent-ils les différentes solutions logicielles? Des produits spécifiques seront-ils imposés ou l’accent sera-t-il mis sur la compatibilité des interfaces?

Adrian Wildenauer: Nous collaborons d’arrache-pied depuis des années au niveau international à l’élaboration de normes non discriminatoires, en particulier ici l’Industry Foundation Classes (IFC) avec l’IFC Rail et l’IFC Tunnel. Ceci pour plusieurs raisons: l’IFC est une norme internationale – également valable en Suisse – définissant un format de documentation standardisé. Fin 2021, d’éminents fournisseurs de logiciels auront obtenu la certification pour la nouvelle norme IFC, ce qui permettra d’échanger durablement des modèles parmi les différents fournisseurs. Les CFF ne peuvent ni ne veulent imposer de logiciels, mais uniquement le format de l’interface ouvert et, par conséquent, la structure de données. Nous devrions en outre savoir précocement quand des normes et des bases normatives se modifient, de sorte à pouvoir réagir.

 

Comment permettre à ce plan en six points de prendre réellement son envol?

Adrian Wildenauer: La réponse est très simple: en fuyant les divisions et en nous soutenant mutuellement, par des actes, par des échanges de savoirs et d’expériences – planificateurs, entrepreneurs, fabricants, maîtres d’ouvrage, fournisseurs, exploitants, tous autant que nous sommes. Ce travail main dans la main est la condition essentielle à la mise en œuvre du plan en six points. Il ne suffit pas de se réunir tous les quelques mois sans rien faire entre-temps, en attendant que cette numérisation disparaisse d’elle-même, que soudainement tout fonctionne ou que d’autres s’y attèlent à notre place. Non, pour tous ceux qui désirent prendre part à la transformation numérique du secteur de la construction, le plan en six points signifie investir du travail. Il faudra avancer à petits pas, apprendre, appliquer, et ainsi de suite. Seule cette stratégie permettra au plan de prendre son envol.

 

Les CFF adoptent à cet égard une approche participative. Expliquez-nous...

Adrian Wildenauer: Des Industry Days organisés régulièrement viseront à établir un échange continu au sein des groupes de travail et à faire avancer l’élaboration du plan en six points. Nous devons regarder la situation comme un tout. Les termes «élaborer» et «ensemble» sont essentiels à nos yeux. D’ici à 2025, six groupes de travail élaboreront conjointement, entre autres, la vision commune, la feuille de route, des catalogues de données communs ainsi que des bases régissant les commandes. Ces groupes de travail doivent, dans la mesure du possible, être dirigés par le participant au marché responsable de la thématique pour la Suisse.

Les questions que nous nous sommes posées étaient diversifiées, au même titre que les réponses: à quelle position, à quel objectif, à quel statut – en tant que moteur, frein ou pilier – la branche aspire-t-elle pour 2025? La transformation numérique tient du marathon. Certains auront déjà parcouru quelques kilomètres, alors que d’autres n’auront pas encore quitté l’aire de départ ou en seront encore à penser à acheter des chaussures pour la course. L’important n’est pas le chemin à parcourir, mais le fait de courir dans la même direction et d’avoir le même but en tête. Si tout le monde court en même temps, mais en tous sens, c’est peine perdue.

 

Participer à un Industry Day tous les trois mois demande un certain investissement. Les participants peuvent-ils attendre davantage qu’un enseignement frontal?

Adrian Wildenauer: Parler de participation n’est pas le bon terme dans ce contexte. La mise en œuvre des Industry Days est explicitement basée sur l’investissement et la collaboration. Il n’est pas question de dispenser un enseignement frontal, mais au contraire d’offrir une plate-forme d’échange. À l’occasion de cette journée, les groupes de travail présentent les résultats des dernières semaines et donnent un aperçu des semaines à venir. Il faut y voir plutôt une démarche agile classique, dans laquelle les groupes de travail définissent eux-mêmes leurs propres thèmes et travaux, mais qui requiert en amont une vision commune assortie d’une feuille de route correspondante. Chaque Industry Day entend aussi comporter une part d’apprentissage. Dans cette optique seront invités des intervenants d’autres industries et pays, lesquels adoptent une approche similaire ou sont déjà plus avancés dans le processus. Le premier Industry Day en juin 2021 mettra à l’honneur la Finlande, un pays régulièrement à la pointe de la transformation numérique. Son représentant exposera son domaine d’action.

 

Quelles sont les attentes des CFF vis-à-vis des associations?

Adrian Wildenauer: Le secteur de la construction excelle dans ses activités. Il convient toutefois de toujours s’interroger sur la pertinence et la nécessité des activités en cours, et sur la possibilité de parvenir à une utilisation des ressources meilleure et plus ciblée encore. Les derniers mois ont montré de façon saisissante l’urgence de gérer les ressources efficacement et durablement. Il faut pour ce faire une initiative globale, que nous souhaiterions mettre en place. Les associations constituent de ce point de vue un pilier important, dont nous ne pouvons nous passer. Chacun doit apporter sa contribution active à cette gigantesque transformation numérique. Nous le constatons clairement dans le groupe de travail 2 du plan en six points, axé sur le langage commun. Au sein de ce groupe sont représentées les institutions normatives avec lesquelles nous élaborons et harmonisons la terminologie, laquelle est ensuite soumise pour révision aux associations impliquées. Ces dernières sont au cœur de l’action: elles sont indispensables à une approche coordonnée. On pourrait prendre l’image d’un sablier, qui canaliserait et transmettrait le savoir – dans les deux sens.

 

Et vis-à-vis des entreprises?

Adrian Wildenauer: La réussite de la Suisse dépend de celle des entreprises et des collaborateurs. Car soyons honnêtes, on ne saurait tabler sur les richesses du sol suisse pour atteindre une telle réussite. Notre plus grande richesse réside dans la tête des collaborateurs, qui accomplissent des choses grandioses dans les entreprises. Or seuls le perfectionnement continu et l’application cohérente du savoir acquis peuvent garantir ce fonctionnement sur le long terme. J’aime à résumer l’idée par cette phrase: toute connaissance doit déboucher sur une compétence. De cette façon seulement, la branche pourra s’adapter à l’avenir. Nous ne sommes pas une île dans le contexte international. Il ne sert à rien de vouloir sans cesse recourir à un nouveau vocabulaire. Nous devrions saisir l’opportunité de nous concentrer sur la gestion de l’information au moyen du BIM et d’en clarifier la teneur pour toutes les parties intéressées. Ce faisant, nous progresserons bien plus rapidement qu’en nous délectant tous les six mois d’un nouveau mot à la mode, juste pour faire le buzz…

 

Vous faites également référence à la formation des collaborateurs. Comment se déroule-t-elle au sein des CFF?

David Fäh: La formation des collaborateurs repose sur trois piliers: premièrement la formation de base, laquelle enseigne les principes fondamentaux du BIM; deuxièmement les formations spécifiques, au cours desquelles les collaborateurs apprennent l’essentiel du BIM par rapport à une installation (p. ex. génie civil) ou à un rôle (p. ex. acheteur); troisièmement l’intégration (onboarding), qui vise à former au BIM, aux données et aux cas d’utilisation tous les participants à un projet. Au fil du temps s’ajouteront encore des formations sur les processus et les outils requis.

 

Revenons à l’approche participative: les CFF déploient-ils des réflexions et/ou des efforts pour proposer ces formations dans toute la branche et/ou mettre ces formations sur pied conjointement avec d’autres acteurs?

David Fäh: Concrètement, nous prévoyons de proposer les cours à des personnes extérieures également. Les CFF ne se considèrent toutefois pas comme un institut de formation et, en l’état actuel des connaissances, ne développeront pas plus avant ce pan d’activité.

 

Quelles sont de principe vos attentes vis-à-vis du domaine de la formation?

David Fäh: Il faut faire en sorte que la numérisation soit introduite dans la formation de base déjà. Si cette thématique n’est dispensée que dans le cadre de formations continues, il ne sera jamais possible de former les professionnels de la branche aux normes pertinentes et d’asseoir l’acceptation correspondante. À l’heure actuelle, aucune haute école ne propose de certificat de formation continue pour le règlement SIA 101, par exemple.

Adrian Wildenauer: Comme dans tout domaine, les thèmes numériques nécessitent une démarche commune et un langage uniforme. La formation à la planification, à la construction et à l’exploitation numériques doit commencer précocement et ne pas attendre d’être intégrée à un cursus postgrade. De même, la numérisation doit figurer au programme de la formation initiale et de l’apprentissage. Fort heureusement, nous assistons déjà à de très bonnes approches et, surtout, à des approches globales.

 

Comment les CFF comptent-ils sensibiliser concrètement les institutions de formation?

Adrian Wildenauer: Dans le cadre du BIM@CFF nous pouvons consulter une personne responsable de la formation, précisément chargée de traiter ces questions, depuis la formation initiale jusqu’au niveau de l’enseignement supérieur. Là encore, il importe que les exigences soient formulées, élaborées, mises en œuvre et déployées de concert entre toutes les parties. Nous voyons les institutions de formation comme un pivot entre la normalisation et l’application pratique.

 

 

 

David Fäh

est ingénieur civil et détenteur d’une formation postgrade en informatique et économie. Au cours des vingt dernières années, il a connu en sa qualité de chef de projet et de programme dans divers secteurs et pays, nombre de processus opérationnels et de changements liés à l’automatisation et à la numérisation. Fort d’une formation complémentaire en gestion du changement, David Fäh dispose du bagage théorique nécessaire pour diriger le programme BIM@CFF. Ses neuf années d’expérience au sein des CFF l’ont par ailleurs doté des connaissances ad hoc dans le domaine ferroviaire.

 

Adrian Wildenauer

est ingénieur civil (Allemagne, Finlande). En 2002, il suit en Angleterre et en Irlande une formation complémentaire dans la direction des travaux, qui lui offre l’occasion de se frotter une première fois au BIM ­– connu à l’époque encore sous le nom Avanti, un projet visant à utiliser les technologies de l’information aux fins de soutenir le travail collaboratif dans les projets de construction et auquel participait également le prédécesseur de buildingSMART International. Aujourd’hui comme alors, Adrian Wildenauer travaille sur la façon de prévenir les informations incomplètes, inexactes et équivoques. Dans le cadre du programme BIM@CFF, il est responsable de la normalisation et des activités sectorielles. En parallèle de son occupation professionnelle, il rédige actuellement un doctorat sur l’usage des applications intelligentes pour la gestion des installations.

Verfasst von: Lea Kusano lea.kusano@usic.ch

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